Berrouka, Karim

lundi 1er octobre 2007

Cher lecteur, toi qui meurs d’envie d’en savoir plus, que dis-je, de TOUT savoir sur l’inénarrable Karim Berrouka, ton jour de chance est arrivé. Pour satisfaire à ta curiosité, pour contribuer à ton édification, nous avons bravé les forêts du lointain Katanga, un filet à la main, un bazooka anesthésiant sur l’épaule, et, après une longue expédition pleine d’imprévus tarzanesques, nous avons réussi à acculer la bête dans un couloir désaffecté du bois de Vincennes.

« Parle ! Bête immonde, dis-nous tout !
— Euh, d’accord. Je… Je commence par quoi ?
— Le début, triple con !
— Ah, OK. Au début, je suis célèbre. J’écris des ouvrages révolutionnairement académiques, assez anticonformistes, mais riches en grands archétypes : histoires de martiens envahissant la terre, poèmes sur les villes de mes vacances, histoires de survivants post-apocalyptiques et de leurs potes mutants, poèmes à la gloire de la nature, histoires de machine à emballer le temps, poèmes pour ma maman, etc. Le succès est évident, même si le diamètre de mon cercle d’admirateurs n’excède guère celui d’un hula-hoop. Face à l’indifférence du public (pas assez de dragons dans mes copies, je suppose), une certaine lassitude, pour ne pas dire dépit, s’installe. Je décide donc de mon suicide littéraire. Je détruis l’intégralité de mon œuvre, ouste, tout au feu (pour le symbole, ça le fait grave). Heureusement, je me réincarne, phénix à la plume prolixe renaissant des cendres de sa prose (waow, c’est beau), quelques années plus tard, en adolescent révolutionnairement révolté.
— Et alors ?
— Je m’engage à la fac d’art et laisse à nouveau s’épanouir mon colossal génie créateur (je fais des nouveaux mondes de chaque tache d’encre). Vient alors ma période dite « Odes aux gommettes rouges et vertes écrites avec des macaronis séchés ». Je suis vénéré par le Paris tout-branché (section lettrisme figuratif post-moderne) qui voit en moi le successeur d’un obscur couillon porté aux nues le temps d’une ou deux soirées mondaines, et reparti hanter les bas-fonds de l’anonymat depuis.
— Hum…
— Oui, hum… Tout cela me paraît bien futile. Alors, je me mets à la musique, la pire possible, la meilleure qui fut, je me roule dans la zaïroise compressée, j’écris des nouvelles à contraintes lysergiques, je cultive mon jardin au fond de mon placard, j’écris des romans expérimentaux, je sombre dans le Get 27, j’écris de la poésie situationniste et du théâtre néo maoïste, je touche le fond, je fais copain-copain avec les mérous, j’écris des articles pamphlétaires pour le Coyote Rebelle (une pensée pour Boris) et, enfin, tel un Indiana Jones littéraire lancé dans une quête périlleuse à la recherche de son oreille interne, j’accède à la clef de mon troisième œil. Là, tout bascule.
— C’est ta période dite « Grande révélation mystique sur papier bible » ?
— Yes. Je découvre le ghetto de la SF retranché dans sa forteresse inébranlable. Je balance bien un missile ou deux, mais les murs sont faits de la cire d’oreille la plus obstinée. Heureusement, je découvre l’au-delà des débris du ghetto de la forteresse, un autre monde, nouveau, plein de champs fertiles, loin du regard désapprobateur des gardiens momifiés du Dogme, un paradis littéraire qui accueille avec aménité les âmes créatrices libres qui ont autre chose à foutre que de se demander si la SF est morte et si c’est la faute des auteurs des années 80 parce qu’ils n’écrivaient pas avec des moules à gaufres. Bref, la SFFF sans beaucoup de S, ou alors, remplacé par le F de Fanzine (FFFF en gros). Je publie des nouvelles chez l’Oulifan, l’Oxymore, Luna Fatalis, Nestiveqnen, Marmite et Micro-onde, Parchemins & Traverses, La Découverte, je fais une anthologie sur les enfers (qui sortira un jour), une sur les cauchemars (qui sortira un autre jour), je me venge de mes échecs littéraires sur les auteurs qui soumettent des recueils de nouvelles chez Griffe d’Encre, je deviens méchant, je déménage pour Lyon, j’achète un PC, je couche avec les maris et les chats de mes patronnes, je fous le feu chez mes collègues. Il n’y a aucun hasard, tout est lié, tout s’enchaîne, logiquement, c’est la vie c’est la destinée.
— Et la Porte, dans tout ça ?
— Toute ma vie.
— Autobiographique, le récit ?
— Tout à fait. Je suis le fruit des amours libertines entre un nain métallo et une princesse du désert.
— Tes projets ! Avant qu’on te remette en cage !
— Écrire la suite de La Porte.
— Qui s’intitulera ?
— La Lampe.
— Le rapport ?
— J’en sais rien, je l’ai pas encore écrite. »


11/02/2008
 : une interview de Karim par Fantastinet est disponible ici.


9/04/2008
 : mini-interview de Karim par Cinquième de couverture

Chez Griffe d’Encre

Dans la terre — anthologie Les Éléments, tome 1 : La Terre, décembre 2007
La Porte, novembre 2007

Autres publications

- Soleil noir — anthologie HPL2007 (Éditions Malpertuis), 2007
- Book et Pen parmi les tombesMonk n°2, 2007
- Friendly FireParchemins & Traverses n°4, 2007
- Gloire à Trois Petits PointsTrois Petits Points n°0 « Trois Petits
Points, mon webzine préféré », 2007
- Les nœuds du destinUnivers & Chimères n°3 « L’Humour », 2007
- Concerto pour une résurrectionBlack Mamba n°4, 2006
- Jack et l’homme au chapeau — anthologie Contes & Légendes... revisités (Parchemins & Traverses), 2006
- Le départ — anthologie La Tour (Parchemins & Traverses), 2006
- Clairière de nos souvenirsCoprophanaeus n°6, 2006
- Océan des douleursCoprophanaeus n°5, 2005
- Ars NovaÉclats de rêves n°6, 2005
- La démocratie est au bout des radis — anthologie Moissons Futures (La Découverte) , 2005
- Tom ou Jerry (Comptines pour une apocalypse)Éclats de Rêves n°5, 2005
- Douce hache, sainte hache — anthologie Les Bourreaux (Parchemins & Traverses), 2005
- Le cirque des ombresCoprophanaeus n°3, 2005
- Music is so niceMy way n°7 « Rock et Politique », 2005
- Papa, maman, l’effroi et moi (De la raison de l’existence et du néant)Éclats de rêves n°3, 2005
- Clothilde court dans la forêtCoprophanaeus n°2, 2005
- Il suffit de passer la porteParchemins & Traverses n°2, 2005
- Entretien avec une porteEmblèmes 14 « Les portes » (L’Oxymore), 2005
- Extrait du guide intergalactique de la pizza (4) : AlmohaMarmite et Micro-onde n°11, 2004
- Extrait du guide intergalactique de la pizza (3) : ZedarkstarMarmite et Micro-onde n°10, 2004
- Ad fixam aeternamLuna Fatalis n°8 (2004)
- L’assassinL’Oulifan n°7e « La femme cachée », 2004 & Éclats de rêves n°2, 2004
- Monsieur MauriceL’Oulifan n°7c « La femme cachée », 2004
- L’autre femmeL’Oulifan n°7c « La femme cachée », 2004
- L’autre femmeL’Oulifan n°7b « La femme cachée », 2004
- Le chemin qui mène à Tsoar — anthologie Emblémythiques « Mythophages » (L’Oxymore), 2004
- Les SombresEmblèmes Hors-Série « Les Fées » (L’Oxymore), 2004
- Pachyderme (Poème) — Revue Florilège n°111, 2003
- Extrait du guide intergalactique de la pizza (2) : Planète Bleue
Marmite et Micro-onde n°9, 2003
- Extrait du guide intergalactique de la pizza (1) : MeldgeMarmite et Micro-onde n°8, 2003
- Le sablierMarmite et Micro-onde n°9, 2003
- Du corbeau et du renard, et du fromage aussiLuna Fatalis n°6, 2003
- CharbonLuna Fatalis n°7, 2003
- Le soleil de Mag Tured — anthologie L’esprit des bardes (Nestiveqnen), 2003
- Le siècle des lumières — anthologie Magie Verte (L’Oxymore), 2003
- L’indigestionMarmite et Micro-onde n°6, 2002
- Manifeste pour l’interdiction de la pétanqueLuna Fatalis n°5, 2002
- Sous l’aile maternelle de la mortEmblèmes 7 « La Mort » (L’Oxymore), 2002
- Olé !C’était l’été 98 dans Télérama (Télérama), 1998
- Discours de la MéthodeL’Oulifan n°5, 1997
- Le Chat, le Cosmonaute et le Petit RobotL’Oulifan n°4, 1997

Sous le pseudonyme d’Albert Seltzer :

- Une machine parfaite doit avant tout ressortir de l’humainSolstare
n°39, 2005
- Une médecine parfaite doit avant tout paraître du tempsSolstare n°39, 2005
- Distorsions relativistes induites par la démence versatileSolstare n°38, 2004
- Approche métaphorique de l’aperceptionSolstare n°36, 2003
- Real estate — L’Oulifan n°5, 1997

À paraître :

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- Éclairage sur un mythe urbain : la Dame Blanche dans toute sa confondante réalité — anthologie Ténèbres, 2007
- Pax DeiParchemins & Traverses, octobre 2007
- Comme un agneauAOC n°7
- Histoire de cendres — anthologie Super-Héros (Parchemins & Traverses)
- L’enfant rougeBlack Mamba
- Lapidaire — anthologie Femmes Fatales
- Relation du voyage de Maître Zang et du Dragon-Colère de l’autre côté de l’existenceCoprophanaeus n°7

Pour plus d’informations

Sa page noosfère.


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